Quelques failles de notre système éducatif
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14 05 2020 - 15:24
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On a trop souvent tendance à dénigrer le système d'enseignement actuel et à encenser l'ancien, en particulier celui des années ayant suivi l'indépendance.

Certes, l'ancien système présentait bien des points positifs et certains avantages par rapport à celui en vigueur jusqu'à nos jours. En effet, ce dernier, de l'avis des observateurs et professionnels, a été le fruit d'une sérieuse et constante détérioration du niveau général aussi bien d'ailleurs des élèves que des enseignants.

Les diverses raisons qui expliquent cette évolution se ramènent fondamentalement à l'inconséquence, l'incohérence et le flottement ayant marqué les politiques suivies notamment depuis les années 70. Bien des changements, voire des ruptures, ont été mal gérés ou menés d'une façon hâtive, désarticulée et improvisée.

Toutefois, il y a lieu de noter que des insuffisances demeurent inhérentes à notre système éducatif depuis toujours. On en citera les quelques principales tares suivantes :

• Tout d'abord, on signalera l'accent mis sur le caractère foncièrement écrit des cours dispensés au détriment de tout ce qui relève de l'expression orale. Les aspects recopiage et mémorisation l'emportent sur toutes les autres méthodes de traitement des connaissances. On se limite généralement à débiter sa leçon et à livrer des données sans vraiment engager de discussions et susciter des débats ouverts et libres. Le dialogue, l'échange et l'exercice oral (conversation, exposés) sont négligés ou réduits à la portion congrue. Or, cela contribue grandement à développer la personnalité de l'élève, favoriser son épanouissement et répandre un climat sain et serein dans les relations entres les principaux acteurs scolaires. En effet, la communication joue un rôle fondamental de nos jours et constitue même un critère dans la réussite dans la vie pratique. Le fait de pouvoir parler aisément en public est un atout et il convient donc d'y préparer nos enfants le plus tôt possible.

A cet égard, le prétexte ou le reproche habituellement invoqué à cet état de choses résiderait dans le sureffectif quasi-généralisé, suite à la fois du gel des constructions des établissements scolaires et du tarissement presque total du recrutement et de la formation de nouveaux enseignants. Or, cela ne saurait, à mon sens, justifier à lui seul cette situation. L'inconsistance du contenu des programmes, le désordre au niveau des manuels scolaires, ainsi que les mentalités et habitudes invétérées tout cela y est pour quelque chose.

Les méthodes utilisées se doivent de considérer l'élève comme le principal acteur et bénéficiaire de l'action de formation qui gagne certainement à intensifier la composante orale et communicationnelle. Cela stimulera la curiosité et la participation de tous à la conduite et au déroulement des cours. De même qu'il y aura plus de vie et de chaleur au sein des groupes concernés.

• Une autre défaillance a trait au côté presque intégralement théorique de l'enseignement. Cet aspect semble tellement évident qu'il ne nécessite pas beaucoup d'argumentation et de développements pour s'en convaincre.

Toutefois, il n'est pas vain de donner quelques exemples d'illustration pour bien en rendre compte.

C'est ainsi que les tests, expériences et visites sur le terrain sont quasiment inexistants pour les disciplines qui en ont besoin comme la physique, la chimie, les sciences de la vie et de la terre, la géographie, etc.

Le résultat est que l'élève n'apprend que des notions théoriques, parfois vagues et superficielles, sur des domaines tels que l'astronomie, par exemple, de telle sorte que, à part le soleil et la lune, il ignore presque tout de la sphère céleste. De même, concernant la botanique, il ne connaît que très peu de chose sur l'environnement végétatif qui l'entoure : arbres, arbustes, fleurs et autres plantes. Il ne fait pas de différence entre tel ou tel arbre ni entre telle ou telle fleur. Il en est de même des couleurs, qui, exceptées les plus communes, sont ignorées quant à la multiplicité de leurs nuances. La même insuffisance se rapporte aux animaux, qu'ils soient rampants, marchants ou volants.

• Par ailleurs, une autre forme d'illettrisme est générée et entretenue par notre système d'enseignement depuis toujours. Il s'agit des grandes lacunes en matière d'arts en général : musique, peinture, théâtre, ...L'on sait l'importance capitale de ces activités quant à la formation de l'individu et son comportement au sein de la société. Or, ce n'est pas un secret que notre ignorance dans ces domaines est patente. Nous ne distinguons pas entre les instruments de musique, les rudiments du solfège nous sont mystérieux, les écoles de peinture et les bases de cet art nous sont étrangers, ...si bien que regardant un tableau, par exemple, ou écoutant un morceau de musique classique, nous sommes incapables de bien comprendre et saisir leur sens et leurs caractéristiques techniques, esthétiques et artistiques.

La conséquence de toutes ces lacunes se manifeste dans une ignorance fâcheuse qui peut accompagner l'individu durant toute sa vie.

Or, l'enseignement doit être vivant. Il doit coller à la réalité qu'il étudie et rapporte fidèlement. La nature ambiante doit trouver son expression concrète dans les cours et les acquis accumulés, sinon le savoir serait un simple bourrage de crâne sans grande utilité pratique.

Amar Bellahcène (16/11/09)


art. n° 1486











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