BENI SNASSEN Le char...
HISTOIRE
25 05 2020 - 18:43
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12 juin 1940
L'AISNE et le BENI SNASSEN défendent le pont de Pogny sur la Marne. Le BENI SNASSEN met hors de combat quatre chars adverses mais vers 21 heures, il est touché de plein fouet par un obus d'artillerie qui tue le caporal André Cancel. L'équipage tente de quitter l'engin lorsqu'un second projectile explose tuant le chef de char, l'adjudant-chef Courtois, et le pilote, le sergent Lachère. Seul le radio, le caporal-chef Antelme, échappe à la mort, grièvement blessé.

Equipage :
Chef de char : adjudant-chef Esprit Courtois,
pilote : sergent Paul Lachère,
aide-pilote : caporal André Cancel,
radio : caporal-chef Pierre Antelme.

Compte-rendu du caporal ANTELME
Radio du B1Bis " BENI-SNASSEN "
Notre char en mauvais état faisait partie des dix chars avariés confiés au Capitaine GASC pour une mission de sacrifice : interdire le franchissement de la Marne, sans esprit de recul.
L’adjudant-Chef COURTOIS reçoit l’ordre de se poster au pont de Pogny. Il signale le mauvais état de l’appareil, le manque d’essence et d’ingrédients… et nous partons. Il peut être vingt heures.
Comme nous parvenons au pont, nous y sommes accueillis par les chars allemands qui arrivaient juste à l’autre bout. Le duel s’engage, inégal car nous sommes seul face à …beaucoup !
CANCEL au volant pointe, et LACHERE le seconde. Ils démolissent deux chars, tandis que l’Adjudant-Chef, au 47, en met aussi deux hors de combat. Je ne faisais que lui passer les obus !
Sous le choc des projectiles ennemis, des morceaux de métal en fusion tombent sans arrêt de la tourelle.
Après un moment, soudain les chars allemands se retirent.
Vérifiant le moteur, nous constatons que la courroie Bombyx, usée jusqu’à la corde, va casser. L’adjudant-Chef nous fait mettre à l’abri d’un mur pour placer la pieuvre.
Il ne reste qu’une vingtaine de litres d’essence, l’huile manque au Naeder et au moteur, l’eau chauffe plus que jamais, le train de roulement est déchiqueté par les obus. Extérieurement la tourelle est farcie de trous.
L’adjudant-Chef estimant que la mécanique ne pourra plus tenir longtemps, nous partons demander au Capitaine de nous relever le temps nécessaire aux réparations essentielles. Réponse : « Restez au pont, IL FAUT LES EMPECHER DE PASSER ».
Nous regagnons le char. CANCEL a réparé la courroie.
A peine de retour au pont, le combat reprend.
Il commence à faire sombre. Les tireurs ne repèrent plus l’ennemi qu’à la lueur de ses armes. Cependant un char est atteint et flambe.
Soudain je vois une boule de feu et il me semble que ma jambe gauche est pliée contre ma cuisse. J’ai la vision de CANCEL affalé sur le volant. J’entends l’Adjudant-Chef crier « Ouvre vite ». J’ouvre la porte.
Au moment où je tombe sur la route, un second coup frappe le char. LACHERE qui sortait à cet instant traverse la route courbé en deux puis s’écroule dans le fossé et ne bouge plus.
Personne ne bouge plus non plus dans le char où le feu a pris. Le moteur tourne toujours…
J’essaie de me mettre debout, en vain. Les os de ma cuisse sont fracassés, ma joue saigne abondamment.
Je m’éloigne du char à quatre pattes et dégringole dans un pré.
Il fait nuit…

Le Caporal ANTELME, seul survivant du « BENI-SNASSEN » sera amputé de la jambe gauche à l’hôpital de Vitry-le-François.

Source :


art. n° 1532











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