SUPPLIQUE D'UNE FEMME A DIEU
SOCIETE
02 09 2019 - 19:05
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Par une longue nuit d’hiver, une femme dans sa solitude se tourmenta, jusqu’à l’aube, à se questionner à propos de certains versets du Saint Coran qu’elle a lus après qu’elle eut fini la dernière prière de la journée. Elle les récita autant de fois que la patience, suscitée en elle par sa foi, l’eut permis. Elle les examina dans leur globalité et dans leurs détails. Elle scruta chaque phrase, chaque mot. Elle les déplaça, les replaça en fonction des résultats de sa réflexion nocturne incessante. Elle eut recours à tous les commentaires et explications de nos illustres et moins connus exégètes. Rien n’y fit. Son effort resta désespérément vain. Sa soif de connaissance et surtout de conviction ne fut guère assouvie. Pire, elle s’est accrue. Chacun conviendrait que se mettre dans une telle situation ne peut que causer le tourment. L’angoisse engendrée par l’impasse dans laquelle elle était l’ulcéra. Un sentiment d’indignation la submergea. Elle se relâcha, cependant, sans perdre le sens de la mesure que lui conférait sa foi, même si « elle n’est que femme» (ne dit-on pas que les femmes sont déficientes en intelligence et en religion ?). Ses lectures diversifiées, que sa grande curiosité et sa soif de connaissances l’ont amenée à faire, lui furent d’un grand secours pour une maîtrise de soi. ہ travers ses recherches de la vérité, elle acquit une certitude, c’est que toute vérité humaine est inachevée sur terre. Elle sut alors qu’il lui restait un dernier recours, l’ultime même : pourquoi ne pas s’adresser à la source de la vérité absolue, universelle et éternelle ? Vous l’avez bien compris. Elle s’adressa à Dieu. Au Seigneur créateur du monde et de l’homme qui y fait la loi en se prévalant de sa proximité de Dieu. Sa supplique porta sur son statut par rapport à l’homme, avec lequel, bien évidemment, elle partage la même origine. En voilà au moins une vérité incontestable.

C’est en ces termes qu’elle formula sa supplique au Seigneur des mondes : « Seigneur, par ta volonté la création est une réalité et j’en suis une infime partie, sans que cela diminue pour autant mon importance auprès de Toi. Par ta volonté j’existe et selon Tes lois j’évolue. Par Ta loi je suis née et par Ta loi je cesserai d’appartenir à cette vie ; et aussi par Ta volonté je rejoindrai la vie éternelle quand Tu le décideras (1). Je suis soumise à Ta volonté et à Ta loi de bon gré ou contrariée. Ma volonté ne pèse absolument rien auprès de Ta volonté, car la créature ne peut contester ni la façon, ni la nature que son créateur décide pour elle. Tu es le maître omnipotent ; Ta souveraineté est infinie et s’étend sur toute Ta création ; Ta volonté n’a ni limites ni délais, quand Ta volonté se forme Tu dis à la chose “sois” et elle est aussitôt. Tu es dépositaire de la justice absolue. Tu T’es interdit la moindre injustice. Et Tu confirmes que Tu n’es point injuste à l’égard de Tes serviteurs. Imbue jusqu’au profond de mon âme de Ta justice et de la faiblesse de mes capacités intellectuelles de sonder Tes desseins impénétrables, je n’ai pu me résoudre, par ignorance sûrement, cependant absolument pas par ingratitude vis-à-vis de Tes bienfaits, à comprendre ni accepter l’interprétation que nos exégètes donnent de Ta parole sacrée à mon sujet. Mes aïeules maternelles furent sauvées par Ton miséricordieux message islamique.
Il leur donna la dignité dont elles étaient totalement et complètement dépossédées. Même une chamelle avait plus de valeurs auprès de l’homme que les femmes qu’il s’appropriait, et que rien ne protégeait de l’injustice immonde qui les frappait. La femme à cette époque obscurantiste n’avait même pas la propriété de son âme. On pratiquait l’infanticide presque par fierté ; au gré de ses bas instincts, et tant qu’elle était en mesure de les satisfaire, l’homme disposait de la femme comme on disposait d’un objet. Dès que cette capacité lui était enlevée par les vicissitudes du temps et ce qu’il comporte comme affres : vieillesse, maladies, accidents, etc., elle était jetée ou dirais-je annihilée comme si elle n’existait plus. Elle se faisait sortir de la grille des choses de la vie telle que l’entendement de l’homme de l’époque la concevait, pour rejoindre le néant social, là où les êtres n’ont qu’une existence physique sans effet, ni arrangeant, ni dérangeant sur la morale telle qu’elle était conçue. Par Ta providence, cette injustice, révoltante selon nos conceptions actuelles, cependant traduisant un comportement tout à fait dans les normes de la société préislamique, fut corrigée. Grâce T’en soit rendue, elle fut à la hauteur, sinon plus, de l’espérance de mes aïeules qui n’en espéraient pas tant. Elles furent rétablies dans leurs droits plus que la mesure, dirais-je, de ce que l’entendement de l’époque permettait. Leur satisfaction fut grande au point que leurs homologues sous d’autres cieux en pâtirent de jalousie, car elles étaient encore au stade où leurs hommes continuaient à se demander si cette créature qu’ils appelaient femme avait une âme (2). Je n’aurais pas été moins contente, Seigneur, de cette élévation de mon statut si j’avais vécu à cette époque combien édifiante, par la valeur accordée à la femme par Ta volonté et Ta générosité infinies et aussi par la loi que Tu T’es imposé de ne faire point d’injustice. Comme la vérité, la justice, si elle est absolue auprès de Toi, elle ne peut être que relative entre les hommes. Elle fluctue selon les époques et change au gré de l’entendement humain.
Il m’arrive de lire et relire les versets qui définissent le statut de la femme et comme Tu le sais, Seigneur, il m’arrive de me questionner à propos de certains de ces versets. Et si je me permets cette “effronterie”, dont tu sais aussi qu’elle ne contient pas la moindre intention de sacrilège ou même d’insolence ou de révolte contre Ta volonté, c’est parce qu’il me souvient qu’à l’époque de la révélation, Tu as daigné répondre à Khaoula, cette “ouliya” (femme modeste), qui s’était plaint à Ton prophète, que le salut et la prière soient sur lui, de l’injustice de son époux à son égard, en ces termes : “Oh ! Messager d’Allah il a dépensé mon argent, usé ma jeunesse et j’ai mis mon ventre à sa disposition pour qu’il procrée, et lorsque mon âge fut avancé et ma fécondité épuisée il s’est détourné de moi.” Il ne fallut que quelques instants pour que ta réponse tombe en ces versets : “Dieu a entendu les propos de celle qui discutait avec toi au sujet de son époux, et qui se plaignait à Dieu. Dieu entendait votre conversation. Dieu est celui qui entend et qui voit.” Ainsi, la sentence qui rendait justice à toutes les femmes qui souffraient de la même injustice, fut instantanée. Ce qui signifie pour moi qu’en l’occurrence Ta parole était circonstanciée dans son effet et son objet, même si par son essence elle est éternelle et intemporelle puisque Tu réponds à une demande circonscrite dans le temps et dans l’espace. Une telle loi est différente de Ta loi éternelle, valable en tout lieu et en tout temps, comme par exemple celle relative à la finitude de Ta création. Une telle loi embrasse l’universel et est une vérité éternelle.
Seigneur, Tu m’as fait don, par Ta grâce infinie, d’un esprit, d’un entendement, d’une raison afin que je puisse apprécier et admirer Ta bonté, Ta générosité, Ta tendresse, Ta bienveillance qui se traduisent dans les merveilles de Ta création et qui se fondent sur la recherche de la vérité, Ta vérité, celle qui rattache toutes les choses que je connais et toutes celles que j’ignore à Ta puissance infinie, à Ta miséricorde à l’égard de Tes serviteurs, au bénéfice desquels Tu as créé tout ce qui est sur la terre (3). C’est cet entendement, Seigneur, don de Ta faveur et de Ta bonté qui, je ne sais s’il me joue des tours pour m’égarer de Ta voie et de Ta loi, ou s’il me chuchote une vérité sentie par ma raison, laquelle, il faut que je l’avoue est loin de pouvoir tout expliquer. Seigneur, le don de réflexion dont Tu m’as gratifiée ne saurait se hisser au-delà des capacités humaines, car ainsi Tu en as voulu ; néanmoins, c’est grâce à cet outil que je perçois Ta vérité, Ta bonté, Ta bienveillance, Tes bienfaits et tout ce dont Tu m’as comblée. C’est Toi qui as voulu que cet outil n’ait de portée que celle humaine. C’est avec cette raison que je porte des jugements à partir de faits et de causes que je perçois. Ceux que je ne perçois pas, parce qu’ils sont hors de ma portée en tant qu’humain, ne me semblent pas m’engager, que ce soit envers Toi Seigneur, ou envers mes semblables, car Tu es seul à posséder la préscience et l’omniscience.
Seigneur, j’ai frappé à plusieurs portes en quête de plus de vérité que ne le permette ma raison, la réponse des exégètes anciens comme celle des contemporains est invariable. Les seconds ont abdiqué aux premiers leur liberté et leurs pensées, ils ne pensent plus que par ceux qu’ils appellent les “Salafs” (les anciens ou ancêtres). Ils vivent le présent par leur corps, et leur esprit s’accroche aux réalités passées, lointaines et révolues.
Seigneur, ils ont ignoré Ta loi éternelle qui se manifeste dans tout être vivant ; il s’agit du principe évolutif que Tu as imprimé à toute vie, qu’elle concerne l’esprit ou le corps. Ils ont cédé à vil prix le don que Tu leur as fait, ou l’ont utilisé à des besognes qui ne vous agréent nullement voire qui vous mécontentent, mais à ce sujet Tu es le seul à connaître la vérité.
Seigneur, Tu sais que je ne suis versée dans aucune science et encore moins en savoir religieux ; néanmoins, je n’ai pas manqué de m’instruire autant que ma condition de femme me l’a permis, enfreignant en cela tout le dispositif social et culturel qui barricadait le statut de mes ainées et les réduisaient à peu de choses près à être les servantes obéissantes du père et des frères avant qu’on leur trouvât époux qui prenait nécessairement la relève. Je me souviens, toute petite fille encore, à l’occasion d’une aide que je lui prodiguais et ce fut souvent le cas, ma mère me serinait les tenants et aboutissants pour mieux les graver en moi, de ce statut qu’elle me disait avoir été fixé par Toi Seigneur. “Ce sont les prescriptions de notre Seigneur”, me répétait-elle comme réponse à toute question ou dénonciation craintive et hésitante que j’osais opposer à cette condition injuste que l’on imposait aux femmes et aux petites filles. Là n’est pas mon propos comme Tu le sais, car je ne peux me permettre de me défausser sur Toi Seigneur, comme le font certains hommes qui, par ignorance, ou par intérêt, s’abritent derrière ce bouclier qu’ils ont fabriqué de toutes pièces et dont ils disent que c’est Ta loi. Ce qui me trouble, Seigneur, ce sont quelques versets de Ta parole sacrée, qui traitent directement de nos droits, nous les femmes. Notamment ceux qui comportent des lois concernant l’héritage, le témoignage, le statut hiérarchique de l’épouse eu égard à son époux. Seigneur, exception faite des dérogations que Tu lui as spécifiquement accordées et qui s’expliquent par sa condition physiologique, Tu as mis la femme sur un pied d’égalité avec l’homme, en matière de cultes, rites et autres devoirs religieux qui Te sont rendus, alors que pour les choses de la vie terrestre, elle n’a droit qu’à la moitié des droits que se revendique l’homme. C’est ainsi qu’on me dit que par Ta volonté, ma part à l’héritage n’est que la moitié de celle de l’homme, que pour que je sois crédible lors d’un témoignage, il faut que nous soyons deux femmes pour valoir le témoignage d’un seul homme; parce que paraît-il, j’ai une mémoire défaillante et suis facilement influençable car je maîtrise moins que l’homme mes passions. Bref, je ne vaux que la moitié de l’homme. Mon statut auprès de mon époux n’est guère reluisant. Il peut, en effet, se prévaloir du droit que Tu lui aurais accordé de m’obliger à le partager avec trois autres coépouses.
Quand je me plains de cette injustice auprès des hommes, ils me répondent que c’est Ta loi Seigneur et Ta volonté. Quand je leur réplique que c’est leur interprétation, ils me clouent au pilori en m’accusant de vouloir changer Ta loi car Ta parole, croient-ils avec entêtement, est claire, limpide et ne nécessite aucune interprétation. Tout leur argumentaire se résume en leur crédo : “point d’interprétation quand le texte est franc”. Alors, je me trouve contrainte de me défendre en me prévalant de ce que Ta vérité éternelle est que Tu es juste et que la condition qui m’est faite est loin d’être considérée comme juste. Ce à quoi ils répondent que Tes voies sont impénétrables et que derrière cette injustice apparente, erronée et trompeuse, il y a une sagesse et une justice que Toi seul connaît. Mais, Seigneur, comment puis-je me convaincre alors que je ne peux juger que par mon entendement mes rapports avec mes semblables ? Tu insistes, Seigneur, sur l’établissement de la justice sur terre et Tu commandes à l’homme de la chercher et de la pratiquer par tous les moyens et même au dépens de soi-même. N’est-ce pas là une vérité éternelle, donc qui ne souffre aucune exception, sous peine de tomber dans l’erreur ?
Seigneur, je médite souvent les versets du Saint Coran, dont l’un abroge l’autre dans la sourate Al bakara (la vache). Dans l’un Tu dis “Ce qui est dans les cieux et ce qui est sur terre appartient à Dieu. Si vous dévoilez ce qui est en vous, ou vous le cachez, Dieu vous en demandera compte. Il pardonne à qui il veut ; il punit qui il veut. Dieu est puissant sur toute chose” (verset 284). Tous les exégètes sont unanimes : la loi que Tu édictes dans ce verset consiste à ce que l’homme est soumis à rendre compte autant de ses pensées que de ses actes. Ce qui n’est pas une mince affaire pour l’homme enclin au péché plus qu’à la vertu. Une telle disposition, nous disent les exégètes, sema le trouble et l’angoisse dans le cœur des croyants au moment de sa révélation ; car si les actes pouvaient, cahin-caha, être maîtrisés, il n’en est pas de même des pensées qui sont difficilement maîtrisables dans leur vagabondage. Ils décidèrent alors de s’en ouvrir à Ton prophète, qui ne put que leur conseiller de se soumettre à Ta volonté. Cependant, comme Ta miséricorde précède ta sévérité, Tu as abrogé ledit verset en le remplaçant par celui-ci : “Dieu n’impose à chaque homme que ce qu’il peut supporter. Le bien qu’il aura accompli lui reviendra, ainsi que le mal qu’il aura fait. Notre Seigneur ne nous charge pas d’un fardeau semblable à celui dont Tu chargeas ceux qui ont vécu avant nous. Notre Seigneur ! Ne nous charge pas de ce que nous ne pouvons porter...” (verset 285).
Seigneur, rien, ni dans les cieux ni sur terre, ne T’aurait empêché d’appliquer la première loi et donc de n’accorder la moindre attention à l’état d’âme dans lequel elle mit les croyants. Cependant, étant miséricordieux, bienveillant à l’égard de Tes serviteurs, Tu as entendu leur cri de détresse psychologique et Tu as changé le difficile par ce qui est le plus léger, le plus supportable pour l’homme en tenant compte de la faiblesse de sa nature.
Seigneur, les exemples d’abrogation de versets pour une raison ou une autre, mais toutes se rapportant à l’homme et ses capacités d’honorer son engagement envers Toi, abondent dans Ta parole sacrée que Tu as révélée. Il y eut même l’exemple de sourates que Tu as complètement effacées de la mémoire des croyants. C’est là quelques exemples qui attestent pertinemment de la nature non éternelle de certaines de Tes lois et commandements. Je me demande, Seigneur, s’il ne serait pas là un exemple et un modèle de conduite pour les croyants que l’évolution, ce principe de la vie qui est une vérité éternelle, a contraint à subir des changements inéluctables et inévitables. Non que nous nous autorisions à changer Ta parole sacrée, Tes commandements et Tes lois ou de supprimer des versets, mais tout simplement de chercher à trouver un consensus conforme à Ta parole sacrée, une interprétation dirais-je, qui ne soit sclérosée, qui évite la fracture qui devient de plus en plus béante dans l’âme du croyant ; lequel ne sait plus s’il faut suivre sa raison, produit de l’évolution à laquelle il est soumis ou se soumettre à des lois appartenant à un passé, qui, certes, obéissait à une raison, mais qui n’en est plus une. La schizophrénie est devenue notre mode de vie, elle est devenue notre quotidien. Seigneur, l’homme qui m’est soumis, que ce soit à l’université pour apprendre, à l’hôpital pour se faire soigner, dans l’entreprise pour gagner sa vie, à l’administration par l’autorité civile qui m’est conférée, sur le chantier parce que je suis l’architecte et dans bien d’autres domaines et secteurs où il puise ses connaissances des miennes et où il contribue à la gestion de la vie sous mon autorité et ma conduite, face à cet homme, Seigneur, je ne compte que pour la moitié quand il s’agit d’hériter, de témoigner et il se permet de disposer de moi en m’imposant d’être l’une de ses quatre épouses. Tout cela serait conforme à Ta volonté. Qu’elle soit faite si c’est vraiment Ta volonté. Toutefois, je doute fort qu’il s’agisse de Ta volonté, car Tu T’es interdit d’être injuste et la condition que l’on me fait est, au regard de ma raison, une injustice aberrante. Aucun doute que ce statut de la femme fut Ta volonté. Mais comme Ta volonté accompagne le développement des capacités de l’entendement humain, s’il était possible que nous recevions, par Ta grâce, une révélation, Tu nous dirais autre chose, je ne sais laquelle, mais je suis certaine qu’elle serait conforme aux exigences de notre époque.
Il y a bien des sourates dans Ta parole, Seigneur, qui ont une portée seulement historique et donc elles revêtent un caractère informatif : les récits des autres prophètes, des autres peuples qui ont encouru Ta colère et Ton châtiment ou qui ont été gratifiés de Ta félicité et même certaines qui touchent à la vie de Ton prophète Mohammed et qui pareillement ne comportent plus qu’un intérêt historique. Qui peut prétendre s’en inspirer au quotidien ? Et ces versets abrogés, ils continuent à être récités et médités et ils le resteront jusqu’à ce que Ta volonté de mettre fin à ce bas monde s’accomplisse. Mêmes certains versets qui constituèrent pendant des siècles des commandements très suivis dans la oumma (communauté) islamique et qui avaient régi les relations entre les croyants, ne sont plus et ne peuvent plus, en aucune manière, être en vigueur. Ils sont, si j’ose m’exprimer de la sorte, tombés en désuétude. C’est le cas des lois qui régissent l’esclavage que Tu entérines dans Ta parole sacrée en tant que réalité anthropologique et sociale de l’époque de la révélation. En effet, l’esclavage fut toléré en tant qu’institution et instrument de gestion des relations entre les croyants (4). De tout cela, Seigneur, je tire la conclusion qu’un consensus pourrait être trouvé, sous l’autorité de qui de droit, pour harmoniser les pans spirituel et temporel de la vie d’un croyant au XXIe siècle.
Puisse Ta miséricorde m’englober afin que je ne sois ni parmi les égarés ni parmi ceux qui encourent Ta colère. Que mon ignorance ne soit pas la cause de ma déchéance en cette vie et dans la vie éternelle. Seigneur, en m’adressant à Toi par cette supplique, Tu sais que je n’ai pas la volonté de contester Ta suprématie. Je Te prie de purger mon cœur de tout narcissisme conduisant à l’erreur et à l’altération de ma raison. Je me déclare soumis à Ta volonté de façon endogène et exogène. Que Ta volonté s’accomplisse et que Ta vérité nous éclaire. Seigneur, montre-nous le droit chemin et la vérité et fais que nous puissions y persister jusqu’à la fin de nos jours sur terre. Amen et que la prière et le salut soient sur Sidna Mohammed Ton prophète et Ton messager. »
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(1) Le jour du jugement sera décidé par Dieu après qu’il aura mis fin à la vie sur terre.
(2) Jusqu’à la Révolution française, les femmes en occident étaient totalement exclues de l’héritage. Pascal Buresi, Histoire de l’Islam. La documentation française ; dossier n° 8058 juillet-août 2007.
(3) « C’est lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre », Sourate Al bakara (la vache).
(4) L’affranchissement d’un esclave fut un moyen de réparation de certains péchés et fautes graves que ce soit à l’égard de Dieu ou à l’endroit des autres croyants. ہ titre d’exemple, l’homicide involontaire ou accidentel ou la non observance volontaire d’un jour de jeune du mois de Ramadan pouvaient, entre autres, être réparés par l’affranchissement d’un ou d’une esclave.

- Les archives d'ahfir.eu, le 19.05.2014


art. n° 694











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