Oiseau libre
POESIE
11 09 2019 - 16:27
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L’ombre s’allonge indéfiniment, s’étire les bras frêles et imaginaires
Fuit ton corps
Soleil est mort, elle dort nuit et jour, jour et nuit
Autour de ta taille, le long de ton nom,le bourdonnement de la reine façonne les mots et les clés de ton silence.
Érable, arbre du désir lointain, essence juvénile, as-tu résisté ?
Devant la foudre de l'automne, les minus et les acacias sans nom fleuris à moitié ;
Épiant le cours tari de tes ruisseaux,
Reflétant les maux du passé.
Devant le déchaînement de la mer,
Les barques pleurent l’horizon englouti au fond de tes larmes.
Rancœur, perfidie des oiseaux écervelés chassant le sublime et s’autoproclame le roi lion,
Battant des ailes avec de faux rémiges; ils déforment l’écho de la vallée
Sèment la désynchronie, tuent le silence et l’harmonie des nymphes montagnardes
Écume de la nuit, rappelle toi du départ de la dernière colombe !
Tu étais endormie entre le rouge et le noir de ta longue traversée
. . .

Libre oiseau des hauteurs
Vole, survole les bassesses et la jalousie des terres jachères
Ferme les yeux, évite les charognes
Libre tu es
Plane, rame dans tes airs imbibés de miséricorde
Inhale le philtre, atteins le sommet des tes désirs
Crève le toit de ton firmament
Il pleuvra, une fois le printemps là.
Surveille la nuit de ton destin
Du haut de ta falaise sacrée
Scrute le monde bas, infiniment bas

Ferme l’œil sur la nudité des vers et la puberté des bourgeons

Ne descends plus !
Les langues fourchues de vipères vertes tétanisent ton corps froid
A coups de bec et de haine, ils trouent la mémoire du vieux pâtre
Approche toi de ton créateur
Pique droit vers tes origines, transperce le temps en usant de tes roseaux
Tu voyageras en psalmodiant tes poèmes d’amour et de tendresse
Laisse toi aller plane au dessus de son corps
Ombrage le sous bois de ses douceurs
Où des mûres et des framboises se cachent entre ses beaux maillages
Ô oiseau libre

Plie les distances et le temps entre les deux roses, mortes l’une avant l’autre
Infuser de douces pétales dans tes larmes religieuses
Transgresser la matière pour le repentir
S’induire du divin, de lumière froide pas encore née.
Ô oiseau libre
Survole les champs de maïs
En ricanant, tu défies l’épouvantail en haillons
Ô créature volatile, es- tu ascension ?
Éloigne toi des vampires
Transplante tes veines dans le bras de l’ancienne galaxie
Chante oiseau libre ,Dieu entendra ton silence
Approche toi ,effleure les murs du paradis
Rappelle toi des saisons , de ton nid où tu as poussé le dernier cri
Ton premier est sorti sous silence
Chante oiseau libre
Ta voix retentira jusqu’à la moelle de ses os
Jusqu’aux fond de ses eaux dormantes

Tu réveilleras les hirondelles du printemps

Du haut de ton ciel
Dépeins la nature de l’Homme
Rase le sol en vol furtif ,Satan ne te verra pas
Cours en volant très haut , dominant la terre et les épitaphes de la mort
Tu resteras vivant au cœur de tes chants
Hanté par les ifs de Père -Lachaise
N’aie pas peur,les sépultures sont déjà habillées de lichens et de froideur
Où d’anciens chanteurs et poètes reposent,s’abreuvant de silence
Sous les pas des vivants et l’ombre de l’instant.
Accroche toi à l’amour,aux sensations ö combien douces à réveiller les sens des cavernes
Tes ailes n’étant plus des ailes ,elles te porteront
Tu dériveras vers l’est du paradis
. . .

Arbre es- tu foudroyé par la jalousie des insectes suceurs de sève ?
Tes feuilles s’inclinent, reste là
Loin des impuretés, de la chair et la sueur des nuits d’été
Veille sur son corps, plane, divague
Muse dans la forêt des mots en décrivant la beauté
En cueillant des ives et des pâquerettes
Tu t’évanouiras dans ses bras, elle te reconnaîtra
Ne descends pas
Maculés, les mots les dires et les clins d’œil
Filant de mauvais coton, usant d'une mauvaise langue, tu n’approcheras pas
Souillés ses paillassons au seuil d’une certaine auberge,
Éloigne toi , tu es Liberté,survole les tentations et les esclaves cybernétiques
Chante mon départ, je serais tout près de toi
Au fond du ciel, au-delà des nuages
Le bleu et le vide te couvriront

D’un beau linceul, pur aussi pur que le néant
De là je partirais rencontrer mon amour éternel
Longeant ses fleuves intarissables
Ne t’en fais pas , ton ami , ton oiseau a beaucoup chanté le corps et les plaisirs de l’Eden
Il est temps de passer de l’autre côté,
On t’a Sali le duvet
d’incultes icônes médisent ton amour sacré ,éloigne toi
Ton icône est toujours vivante
Repose en paix,laisse ton jardin refleurir

Il te rejoindra un jour là haut

Ô confidente de mes chants
Entrouvre la porte de la nuit
Jette ta tenture de religieuse, effeuille ton corps soif du paradis terrestre
Cours en amont de tes vingt ans, vers les sources du plaisir
Désaltère tes terres brûlantes, hydrate tes rameaux pour crever le temps
Un jour l’oiseau libre chantera la vérité
Maître de ton départ tu le contera
Ne descends jamais vers la bassesse
Couvre toi de fumée blanche en broyant du noir
Porté par tes nuages tu rêveras d’elles
Tes nymphes pleureront le jour où tu t’arrêteras de chanter

Oujda, 18 décembre 2011

* Publié sur l'ancien site ahfir.eu :


art. n° 802











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