Le temps qu'il faisait
PORTRAITS
11 09 2019 - 16:58
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Il a plu ce matin sur la ville désertée par ses vieux habitants. Il a plu cette nuit sur mon cerveau, j' avais perdu mes méninges peu de temps avant l'avènement de la reine berbère, juste après l'écroulement du septième ciel.

Un trône volant errait dans mon espace plat , suivant la ligne de ma mort clinique. Des ailes abandonnées par leurs anges, des étoiles délaissées par leur nuit éternelle telle une nuit des hauts plateaux où l'odeur de la laine et celle de l'armoise se mélangent ,où j'habite côtoyant la douleur et l'espoir d'embrasser l'horizon.

Trempé jusqu'à l'hippocampe, siège de nos souvenirs colorés :
Des noces et des funérailles, des joies et des tristesses, du silence voilant le lieu hanté par la belle dame en noir,aux doigts longs et glacés. Cette dame que j'ai aimée le jour où je suis né. Elle sillonne toujours les temps et les espaces inaccessibles pour chercher des proies, des victimes de la vie.

Elle est là pour joindre les bouts du néant, réconcilier le noir et le blanc, aider à passer sous terre en se désintégrant jusqu'au dernier atome.

En descendant le quai vide de la Seine, baignant dans un chant triste et gai à la fois d'un vieil accordéon.

Je voyais les souvenirs lointains flotter à la surface qui les berçait, partir, s'éloigner, devenir de plus en plus petits, de plus en plus beaux.

Des papillons nocturnes dansaient autour des lampadaires qui éclairaient cette nuit agonisante cette nuit alla tomber dans les bras du néant.

Je discernais à peine la silhouette d'une étrange beauté émergeant de l'aube naissante.

Elle bronzait au clair d'une lune qui n'à jamais montré sa face cachée, telle une religieuse imprégnée de lumière divine.
Il pleut encore -maintenant il pleut des cordes-,le déluge ne tardera pas à emporter les couples endormis dans les hamacs d'un été brûlant.

Je les vois flotter ces espèces darwiniennes, je rêvais d'être dans cette arche perdue ; j'avais pris la place d'un corbeau blanc ayant une carte pour naviguer, un cap pour s'orienter.

Reveille -toi vieux marcheur! il pleut fort sur ta ville . Prépare tes valises en peau de chèvre entétée pour regagner ta destinée.

A.Louaradi 29/08/2018.


art. n° 807











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