Hommage au dialecte des anciens
مشوار موقع
15 09 2019 - 14:42
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C'est grâce à vous, mes chers amis, que ma mémoire s'est réveillée. Et du coup, j'ai pensé rendre hommage aux «anciens» par ces quelques bribes de langage, ces allusions événementielles, ainsi qu'à l'environnement dans lequel ils vivaient et dans lequel j'ai eu la chance de passer quelques années de ma vie.

Cher ami kerkorien, toi qui -comme l’ancien- me fais rappeler ma belle période de ma vie ;
Enfance/puberté/adolescence ;
Toi qui - comme mon grand-père- ressuscites le calcul Tellissien...
...
Peu importe l’oubli du compte,
L’oubli fait renaître les images,
Les actes ;
Les allures de mon grand-père, mes oncles,
Les outils de l’époque,
La botanique,
L’ornithologie,
L’irrigation,
La jachère (Jem) que j’aime !
(Al bôr)(4) que j’adore !
Il est où al Madhmadh ?
Où est passé Attammoun ? outil bisexuel, femelle et mâle à la fois !
Ajjarmoun des mulets,
La bride (labriid) et les ouillères des sauvageons ;
Qui comme l’air veulent toujours rester têtus,
Non dociles
Libres, malgré notre incompréhension ;
Chouf ki ya7ran !!!
En réalité il proteste… frappe, torture, et après ?

Dans notre dechra, vivait un proche sincère bon mais avec un défaut à l’instar de son âne ! Rancunier, « en lui le nez » (fih nnif) ! Son âne, un jour voulait lui montrer qu’il était plus fière que lui. Il lui dit Ra (léger), l'âne resta sur place, ne bougea pas ! il lui rétorqua Rra (roulé, écrasé, les dents serrées), l'âne ne le regarda même pas. Notre proche, oncle lointain que dieu le pardonne, lui lança : «puisque c’est comme ça, je ne te parlerai plus jamais» ; un vrai If, pire, un Hame !!! Plusieurs jours ont passé comme ça, l’âne est par nature plus à l’aise dans cet état. A contrario, notre oncle bouillait de colère… jusqu’à ce que... un jour il perdit ses nerfs, perdit sa gageure également ; prenant sa "Madra" et l’enfonça dans son flanc… Têtu comme lui j’en ai jamais entendu parler.

De cette époque, c’est le langage qui m’attirait et qui m’attire toujours, j’aimerais bien y retourner pour le conserver dans une encyclopédie dialectale indélébile. J’ai évoqué un petit peu l’outillage des «Fellahas», mais la botanique, la géologie et l’ornithologie accaparaient mon esprit à chaque fois que les vacances scolaires approchaient…

Blittou et barramram ;
Tilfaf adulée par les lapins pour sa plante,
Préférée par Lamriqma pour sa fleur, son coton, laine ou soie… l’embelli du nid douillet !
Ajjarjir que les vaches adorent, avec la signature olfactive dans la bouse et dans le lait,
Offrande à l’humain ;
Mieux que «al fassa» et «albersime», et «laqssil» ;
Je me demande pourquoi «Qassal» renvoie à la peur ;
Ah ! j’ai compris c’est à cause des méfaits de la chiasse !

«Charraqraq»?! oiseau rare, multicolore, ne descend jamais, il aime les hauteurs, du cime au cime il se déplace… Que mangeait-il, dieu seul le sait ? Un jour l’homme l’a exterminé, et même Abouabir n’a pas eu la chance de l’admirer, alors que dire des dernières générations.

«Aglèb Saro» ! cher Abdelkrim «al Hawdh» n’a plus soif ! caleçonne bien (fais un caleçon) les plans de pommes de terre comme ça ils accouchent de plein de tubercules. Et n’oublie pas d’asperger cette Tadhona !!!

Tu as cité Benna3mane,
Je cite Ghaddou mallal,
Tu as évoqué Al Garnina,
Je te rappelle Al 3aslouj,
Al Qordya maître mesure de Ssaba,
Al Modd maître mesure de l’aumône.

Tes chevauchées pour rejoindre l’école ou rentrer chez toi, me rappellent «Sallam-laame» et «Nnaggafates», ce ne sont pas celles qui préparent actuellement les mariées, mais celles qui châtiaient nos orteils par manque de protection… Nos Nike, Adidas, Reebok, sortaient directement de chez le père de Maghnia ou Wilhilam !!! j’exagère, mais pas «Bou3affas» ou «Boumantal», c’était la génération de nos parents et grands-parents.

La bataille des coqs pour s’emparer du Harem était un spectacle inégalé en la matière, j’étais toujours avec le coq rouge ; il aimait toutes les poules et ne faisait pas de distinction quant à son devoir de géniteur envers elles… Une caractéristique m’intriguait cependant dans le monde du poulailler ; les poules que j’appelais les sans cache-nez! Aussi «Boutallasse» me fascinait, Ce phénomène, naturel ; dès que le soleil se couche, tout le monde se dirigent vers Al Yannour! Seul Ahmed connait leur secret, le monde occidental qui ne peut dormir sans somnifères devrait prendre conseil chez al fassi...
Outre la chair des coqs préférée à celle des poules, j’aimais les œufs frais de celles-ci… Mais ce que je détestais c’est Tar7 des poules notamment pendant la periode de «lahdhane» (la couvée) .

Les oiseaux, les serpents les insectes… comblaient mes lacunes d’enfants de la ville, j’avais beaucoup appris… l’école théorique n’aurait jamais pu combler ces lacunes. Les contes comme celles des fourmis et Moussa ou Saleh, Ssi M’hammad bou krichat et autres Hdidwane et Hanna alghoula peaufinaient mon imaginaire qui était pauvre à ce niveau-là.

Merci mes frères Abdelkrim et Abdellah pour vos flash-back qui mettent en exergue un feedback joyeux et riche d’histoires et d’anecdotes qui me font beaucoup de bien, ça préserve de l’Alzheimer.

Avec mes meilleures salutations et bonne continuation.

...
* Le kerkorien c'est feu Abdelkrim Bouali alias Abou Abir (Allah yarhmou)

** C'était il y a environ dix ans sur ahfir.eu, "discussions nocturnes" avec alwaghech


art. n° 914











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